Actuellement, en France, les beaux-parents ne bénéficient d'aucun statut légal spécifique. Ils n'ont, de ce fait, aucun droit légal ni obligation envers les enfants de leur partenaire. Cette absence de statut contraste avec la situation dans plusieurs pays européens où les beaux-parents peuvent se voir reconnaître certains droits. Par exemple, en Angleterre, ils peuvent partager l'autorité parentale, et en Allemagne ainsi qu'aux Pays-Bas, ils peuvent exercer l'autorité parentale si elle est détenue par un seul parent.
En France, même si les beaux-parents peuvent accomplir des actes courants pour le compte de l'enfant de leur conjoint (comme l'inscription à des activités), leur rôle ne leur permet pas de prendre des décisions importantes concernant par exemple l'éducation ou la santé de l'enfant.
Cependant, le juge aux affaires familiales peut, si l'intérêt de l'enfant l'exige, organiser des relations entre l'enfant et un tiers qui partage sa vie quotidienne, contribue à son éducation et a tissé des liens affectifs significatifs avec lui.
I – Délégation d'autorité parentale
Cette délégation résulte d'un jugement du Juge aux Affaires Familiales, qui homologue une convention entre les parents et une personne de confiance. Elle ne peut être accordée que pour servir l'intérêt de l'enfant et peut être totale ou partielle. Cette mesure prend fin par un nouveau jugement adapté aux nouvelles circonstances de vie de l'enfant. La délégation peut également être forcée en cas de désengagement complet des parents.
II – Adoption simple
L'adoption simple crée un lien de parentalité supplémentaire sans remplacer les liens existants. Elle nécessite l'accord des deux parents biologiques, bien que le tribunal puisse ignorer le refus d'un parent qui s'est désengagé de l'enfant. L'adoption simple permet à l'enfant de maintenir des liens avec sa famille biologique tout en établissant un nouveau lien juridique avec le beau-parent.
III – Adoption plénière
L'adoption plénière remplace la filiation biologique par une filiation adoptive et est possible seulement sous certaines conditions strictes, notamment en l'absence de filiation, de décès d'un parent ou de retrait de l'autorité parentale. Cette forme d'adoption, irrévocable, demande que le beau-parent soit marié au parent biologique et qu'il respecte certaines conditions d'âge et de différence d'âge avec l'enfant.
En cas de séparation, les beaux-parents peuvent demander au juge aux affaires familiales de maintenir des liens affectifs avec les enfants de leur conjoint, à travers un droit de visite ou de correspondance, et parfois un droit d'hébergement. Si l'enfant concerné a plus de 13 ans, son consentement sera nécessaire, soit par acte notarié, soit par audition directe par le juge.